Café théâtre, one-man show et Stand-up : 3 formules de l’humour

Le café théâtre, le one-man show, le Stand-up, un humour à la française ?

 

Dans les cours de théâtre sur Paris, on propose en général aux élèves des textes d’auteurs contemporains humoristiques, plus faciles et abordables que des textes classiques. La comédie est un moteur essentiel pour apprendre les bases du théâtre. L’humour peut revêtir plusieurs formes comme le café-théâtre, le one-man show ou le le Stand-up. Mais d’où sont nées ces pratiques humoristiques ? Quelle est l’origine de la comédie à la française ?

 

La naissance du café théâtre

 

 

Le Café de la Gare est né grâce à un collectif de comédiens. Coluche, Romain Bouteille, Patrick Dewaere, Miou-Miou et Henri Guybet créent le Café de la Gare peu après mai 68. Alors qu’à l’époque on fermait les théâtres pour en faire des garages, la troupe transforme un garage en théâtre ou plutôt une vieille fabrique de ventilateurs en une scène de théâtre à côté de la gare Montparnasse et à côté d’un café d’où le nom. C’est une bande de copains qui créent ce théâtre. Dans la mouvance de mai 68, le plateau est un espace de liberté totale. Pas de chef, ni de metteurs en scène, seul le comédien est roi et « interdiction d’interdire ». Cette bande d’acteurs ne rêve que d’une chose pouvoir se montrer et devenir célèbre tout en jouant et écrivant leurs propres textes. Henri Guybet dit : « Nous étions des acteurs cisterciens ». Comme ces moines dans leur couvent, ils font tout, de la mise en scène à la création des décors et à la fabrication des costumes. Ils ont construit de leurs propres mains ce théâtre. Pour venir voir un spectacle, à l’entrée du théâtre, un tirage au sort définit le prix des places. Le spectateur tourne une roue et paye, suivant son tirage, gratuité ou même un don d’un franc pour les plus chanceux, jusqu’à payer la valeur d’une place de cinéma pour les moins chanceux. Les spectateurs sont placés dans le théâtre par les comédiens et une boisson leur est offerte. Les recettes sont reversées sous forme de cachets chaque soir entre tous les comédiens en parts égales. Tous les trois mois, ils partageaient les bénéfices du théâtre qu’ils appelaient « les surprises » ce qui leur permettaient avec l’argent perçu de prendre quelques jours de congés.

Le café théâtre voit un nouveau visage
Les premiers spectacles du Café de la Gare sont en fait des séries de sketches où l’improvisation a la part belle. Chaque comédien est libre de faire ce qu’il veut. Le tâtonnement est de mise. Seuls Romain Bouteille et Henri Guybet savaient jouer la comédie. Coluche ne connaissait que quelques chansons grivoises et au début personne ne l’écoutait lorsqu’il prenait sa guitare. Ils décident tous ensemble de créer une pièce de théâtre où tout le monde a un rôle sur mesure, suivant les tics des uns et des autres. La liberté est telle que Miou-Miou à qui on n’avait pas dit de sortir de scène après ses répliques, avait l’habitude de rester sur le plateau, à s’assoir et regarder, en spectatrice, ses camarades jouer. Elle hurlait de rire à chaque réplique si bien que les spectateurs ne savaient pas si c’était du jeu réel et si cette actrice était nulle ou géniale. Après chaque spectacle où l’improvisation était de mise, on retirait les gags qui n’avaient pas marchés la veille pour ne garder que les meilleurs. L’humour décalé, leur insolence sur scène fait venir le public et les critiques pour voir cette forme « nouvelle » du théâtre. Lorsqu’un comédien est absent il est remplacé par un autre au pied levé. Des petits nouveaux viendront quelques temps sur les planches du Café de la Gare faire des remplacements comme Gérard Depardieu ou Renaud. Quelques-uns attirent l’attention de réalisateurs de cinéma. Henri Guybet tournera « Rabbi-Jacob » et « On a retrouvé la septième compagnie » tandis que Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere forment le trio des valseuses de Bertrand Blier. Romain Bouteille rapporte que les trois comédiens revenaient le soir jouer au Café de la Gare, en pleurant, après leur journée de tournage et qu’ils ne croyaient pas du tout au film : « C’est une sous-merde, il (Blier) ne sait pas faire du cinéma, c’est lamentable. » Pourtant quel succès. Cela va propulser les carrières que l’on sait de ces trois jeunes comédiens. Malheureusement le succès des uns causent la destruction originelle de la troupe.

 

La succession du Café de la Gare

Café théâtre du Djamel Comedy Club - Cours de théâtre a paris

Mais l’aura du Café de la Gare attire une nouvelle génération de comédiens. Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Josiane Balasko, Gérard Jugnot, Michel Blanc et Marie-Anne Chazel forment l’équipe du Splendid et créent leur propre café-théâtre aidé moralement par le Café de la Gare. Si le Café de la Gare laissait place à l’improvisation, le Splendid n’improvise pas, il répète sérieusement tout en laissant place à l’amusement et à une grande liberté. Leur rigueur dans le travail leur permettra de faire la carrière cinématographique que l’on connait.
Le Café de la Gare et le Splendid vont inspirer et influencer de nombreux talents dans les années à venir. Après une période qui voit l’émergence de nombreux one-man et one-woman show, une nouvelle forme apparait. Jamel Debbouze et son Comedy Club crée un humour à la française, sur les traces de ses ainés, ou vannes, happenings et sketchs sont la règle. L’improvisation est importante. Rien n’est préparé (ou peu) et l’on part à la découverte du public pour jouer avec lui, comme le faisait en son temps les comédiens du Café de la Gare. Un nouveau style prend forme. Le Stand-up à la française est né.
Dans les cours de théâtre sur Paris, l’improvisation est souvent de mise. On peut aborder aussi les techniques du one-man show et du Stand-up.

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